Différence entre traduction et localisation : ce qui change dans la fiche produit
Une boutique en ligne existe déjà en allemand, en espagnol ou en anglais, et les commandes du nouveau marché n’arrivent toujours pas. C’est la même chose pour un institut de beauté, un garage ou une agence de location de voitures qui a traduit ses tarifs. Toute la différence entre traduction et localisation est là : traduire une boutique en ligne change la langue, mais garde les mots, les noms de tailles et l’écriture des prix du marché où le texte a été rédigé.
Nous le montrons avec notre propre test de 4 894 expressions qu’une IA a préparées pour 11 marchés. Nous avons comparé des exemples choisis, les tailles de matelas et les mots pour la location de voiture, avec les sites des vendeurs de ces marchés, et les règles avec la documentation de Google. Nous montrons aussi les erreurs, y compris celles de notre propre outil.
Réponse courte : la langue n’est qu’un des cinq points à vérifier
Sur un marché étranger, vous vérifiez la fiche produit à cinq niveaux :
- La langue. C’est le rôle de la traduction.
- Les tailles et les unités : votre taille est-elle un standard sur ce marché, et comment l’y appelle-t-on (centimètres, pouces, « double »).
- Les mots avec lesquels le marché cherche le même produit ou le même service.
- L’écriture des prix, des dates et des nombres.
- Les champs des images : nom de fichier, texte alternatif (alt) et description.

Exemple : un matelas 140 × 200 cm. En Espagne, IKEA et Emma affichent dans leurs catégories de matelas les tailles 135 × 190 et 150 × 190 cm. Votre taille n’y est donc pas un standard, et la description doit le dire clairement. Au Royaume-Uni, IKEA et Emma désignent les tailles par des noms (« Double », « King »), et Europcar UK met « Car Hire » dans le titre de sa page, alors qu’Avis aux États-Unis écrit « Car Rentals ».
Parfois, pourtant, la traduction suffit. Chez IKEA et Emma en Allemagne, les matelas pour adultes font au moins 200 cm de long : la description d’un 140 × 200 cm n’a donc besoin que d’être traduite.
Les acheteurs évitent-ils vraiment les boutiques en langue étrangère ?
Dans l’enquête de CSA Research de 2020 (8 709 consommateurs dans 29 pays), 76 % des acheteurs en ligne préféraient les informations produit dans leur langue, et 40 % déclaraient ne jamais acheter sur des sites dans d’autres langues. En Allemagne, 57 % des personnes interrogées n’achetaient que sur des sites en allemand. Réserve : CSA travaille pour le secteur de la traduction, et ces données datent de quelques années.
Les chiffres d’Eurostat, plus solides, montrent que la plupart des gens achètent dans leur pays. En 2023, 83,0 % des acheteurs en ligne de l’UE ont acheté quelque chose à un vendeur de leur propre pays. En Turquie, c’est 97,6 %, au Luxembourg seulement 29,7 %. Une partie des acheteurs tombe en plus sur un vendeur qui ne livre pas chez eux : en 2025, le problème « le vendeur étranger ne vendait pas dans mon pays » a été signalé par 5,4 % des acheteurs de l’UE, mais par 35,7 % à Malte et par plus de 25 % au Luxembourg, en Irlande et en Autriche. Eurostat n’en donne pas la cause.
Les marchés diffèrent aussi par la connaissance des langues. En Turquie, 46,0 % des adultes ne connaissent aucune langue étrangère, contre 43,7 % en Espagne et 12,3 % en Allemagne (Eurostat, 2022, personnes de 25 à 64 ans). Moins il y a de gens qui parlent une langue étrangère sur un marché, plus une version dans la langue de ce marché rapporte. C’est un bon indice pour choisir par quelle version commencer.
La langue n’est pas non plus le principal obstacle du côté des vendeurs. En 2025, 20,7 % des entreprises de l’UE d’au moins 10 salariés vendaient en ligne, et 43,1 % d’entre elles vendaient vers d’autres pays de l’Union. Eurostat a interrogé ces entreprises sur leurs difficultés pour la dernière fois à l’échelle de toute l’UE en 2021 : 28,2 % citaient les coûts de livraison et de retour, 16,7 % la TVA et 10,0 % le manque de connaissance des langues. La traduction ne réglera pas le problème des frais d’expédition.
Notre test : 447 expressions sources, 5 secteurs, 11 langues
Les expressions viennent du générateur de base de mots-clés intégré au compte ConverterSEO, lors des exécutions du 16 et du 29 août 2026. Nous avons choisi cinq secteurs : un institut de beauté, un garage automobile, une boutique de matelas, une boutique de luminaires et une agence de location de voitures. Les descriptions des entreprises n’indiquaient ni ville ni pays.
La source se composait de cinq listes, une par secteur : 447 expressions au total dans 43 catégories, générées avec le même outil en polonais, parce que c’est la langue de notre équipe. Le générateur les a déclinées pour 11 marchés : anglais britannique, allemand, espagnol (Espagne), italien, français, portugais (Portugal), tchèque, slovaque, lituanien, letton et estonien. Résultat : 4 894 expressions cibles.
- Aucune expression cible n’est une copie de la source. Cela prouve seulement que rien n’est resté sans traduction, pas que les expressions ont été écrites de zéro.
- Les listes ont été adaptées ligne par ligne. C’est ce qu’exige la consigne du générateur : les mêmes catégories dans le même ordre et un nombre d’expressions similaire. Dans 41 des 55 fichiers cibles, chaque catégorie compte exactement autant d’expressions que la source.
- L’ampleur des changements dépend de la langue. La taille du matelas a changé dans 24 lignes sur 24 en anglais, 22 sur 24 en espagnol, 15 sur 17 lignes comparables en italien (dans une catégorie, le modèle a ajouté une expression, cette catégorie n’est donc pas comparable), 12 sur 24 en français et 11 sur 24 en portugais. En allemand, en tchèque, en slovaque et dans les langues baltes, elle n’a changé dans aucune.
Limites de la méthode : c’est un résultat du modèle, pas un volume de recherche. Le 29 août, nous avons vérifié dans les suggestions du moteur de recherche 150 expressions de la source polonaise et 150 pour chacune de cinq des langues cibles. La part d’expressions ayant une suggestion allait de 74 % pour le polonais à 16 % pour le letton. Elle baisse à peu près avec la taille du marché (exception : l’estonien, avec 21 % contre 16 % pour le letton) et renseigne donc surtout sur la popularité d’une expression, pas sur sa justesse. Les requêtes partaient d’une adresse IP polonaise, le réglage du pays n’avait donc presque aucun effet. Nous avons vérifié les sites des boutiques le 13 septembre 2026.
Et surtout : c’est notre outil, les erreurs montrées plus loin sont donc les siennes.
Même matelas, autres dimensions : la taille est un fait, pas un mot
La consigne avec laquelle le générateur décline la base pour un autre marché lui demande de ne pas traduire, mais d’écrire ce que l’on cherche dans le pays cible. Elle ne dit rien des tailles, et dans une partie des langues, le modèle les a changées. Voici une même ligne de la liste, dans la base de chaque marché :

| Marché | Expression dans la base | Ce que montrent les boutiques de ce marché | Conclusion |
|---|---|---|---|
| Source (liste en polonais) | materac lateksowy 140×200 (matelas en latex) | – | point de départ |
| Royaume-Uni | latex mattress double | IKEA UK : Standard Double 135 × 190. Emma UK : Double 135 × 190, et 140 × 200 sous le nom « EU Double » | le nom change, mais « double » ne veut pas dire 140 × 200 |
| Espagne | colchón de látex 135×190 | IKEA et Emma : 135 × 190, 150 × 190, 90 × 190 | taille du marché confirmée, mais c’est un autre produit que le 140 × 200 |
| France | matelas latex 140×190 | Emma FR : 140 × 190 parmi les tailles les plus courantes. Guide IKEA FR : 140 × 190 à côté de 140 × 200 | confirmé |
| Portugal | colchão de látex 140×190 | IKEA PT : 140 × 190 | confirmé |
| Italie | materasso in lattice 140×190 | IKEA IT et Emma IT : 160 × 190 et 90 × 190, pas de 140 × 190 | non confirmé, à vérifier |
| Allemagne | latexmatratze 140×200 | IKEA DE et Emma DE : pour adultes, au moins 200 cm de long | la traduction a suffi |
| Tchéquie, Slovaquie, Lituanie, Lettonie, Estonie | inchangée, p. ex. latexová matrace 140×200 | non vérifié | nous ne savons pas |
| États-Unis (hors de notre base) | – | IKEA US : Twin, Full, Queen (60 × 80 pouces), King | un système de noms à part, en pouces |
Le tableau donne la règle principale. Un matelas 140 × 200 cm ne devient pas un matelas 135 × 190 cm par la traduction. La taille dans la base de mots-clés indique ce que le marché peut chercher, et il faut la vérifier, comme le montre la ligne italienne. Dans la fiche produit, vous indiquez la taille que vous vendez réellement. Ajouter une taille locale à votre gamme est une décision commerciale, pas linguistique.
Vérifiez les noms britanniques en même temps que la dimension. Notre modèle donnait généralement 140 × 200 → double et 160 × 200 → king size, mais dans la catégorie des matelas à ressorts ensachés, il a fait l’inverse. Or le double d’IKEA UK et d’Emma UK mesure 135 × 190 cm.
Pour les vêtements et les chaussures, ne publiez pas de tableau de correspondance universel. Zalando distingue cinq systèmes de tailles (EU, FR, IT, UK, US) et écrit que les marques les convertissent différemment. Google Merchant Center a un attribut distinct pour le système de tailles : size_system.
« Hire » ou « rental » : même notion, mot différent sur chaque marché
Le fichier britannique de notre base écrit en anglais britannique : « tyres », « orthopaedic », « petrol », sans aucune des formes américaines que nous avons cherchées (tires, labor, gas, apartment), et parfois carrément « cheap foam mattress uk ». Pour la location de voitures, « hire » figure dans 75 expressions et « rental » dans 3. Nous comptons les expressions, pas les occurrences du mot.
Ce n’est pas un caprice du modèle. Les Oxford Learner’s Dictionaries marquent « hire » au sens de location de courte durée comme uniquement britannique, ajoutent qu’en Amérique du Nord on dit « rent », et notent que « rent » apparaît désormais aussi en anglais britannique. En espagnol, le mot change même d’un pays à l’autre :
| Notion | Marché | Dans notre base (nombre d’expressions) | Confirmation hors du modèle |
|---|---|---|---|
| location de voiture | Royaume-Uni | hire 75, rental 3 | Oxford : « hire » de courte durée uniquement en anglais britannique. Titres de pages : Europcar UK « Car Hire », Avis US « Car Rentals » |
| location de voiture | Espagne | alquiler 70, coche 70, renta 0, carro 0 | Hertz ES et Europcar ES : « Alquiler de coches » |
| location de voiture | Mexique ; Argentine et Colombie | absent de la base | Hertz MX et Avis MX : « Renta de autos ». Hertz AR, Avis AR et Budget CO : « Alquiler de Autos » |
| « manicure hybrydowy » (manucure hybride) | Royaume-Uni, Allemagne, Tchéquie et 4 autres ; France, Espagne, Italie | équivalent de « gel » (8 à 11 expressions) ; de « semi-permanent » (7 à 12 expressions) | non confirmé |
| « lampa w stylu loft » (lampe style loft) | Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie, Portugal, Tchéquie | « industrial » 4, « loft » 0 | non confirmé |
| question sur le prix d’une réparation | Royaume-Uni | cost 28, price 4 | non confirmé |
Une fiche rédigée pour l’Espagne peut donc employer d’autres mots que les agences de location au Mexique. Vérifiez les changements du bas du tableau chez vos concurrents locaux avant de les utiliser.
Piège pour les spécialistes SEO : même le mot « localisation » ne se transpose pas tel quel comme expression de recherche. Dans les suggestions du moteur de recherche, l’allemand « Lokalisierung » mène à la géographie, l’espagnol « localización » à la localisation d’un téléphone, l’ukrainien « локалізація » entre autres aux marchés publics, et l’emprunt turc « lokalizasyon » à la médecine. En français, « localisation » seul mène au téléphone, et « localisation d’une boutique » à l’adresse d’un magasin ou d’un point de vente. C’est pourquoi chaque version linguistique de cet article reçoit sa propre expression, tirée des suggestions locales, et non la traduction de l’expression polonaise.
Prix, dates et nombres : le même nombre dans huit pays
L’acheteur lit le séparateur, pas seulement les chiffres. Le même nombre dans un prix, écrit selon les données Unicode CLDR 48.2.0 :

- États-Unis : $12,345.67
- Royaume-Uni : £12,345.67
- Allemagne : 12.345,67 €
- France : 12 345,67 € (avec une espace fine insécable)
- Espagne : 12.345,67 €, mais 1234,50 €
- Turquie : ₺12.345,67
- Ukraine : 12 345,67 ₴
- Pologne : 12 345,67 zł
Avec les dates, c’est plus risqué. Le 4 mars 2026 en format court s’écrit 3/4/26 aux États-Unis et 04/03/2026 au Royaume-Uni : un Britannique lira donc la date américaine comme le 3 avril. En Allemagne, c’est 04.03.26, en Turquie 4.03.2026. Sur un délai de livraison ou la fin d’une promotion, une telle erreur peut finir en réclamation.
Nuance pour les spécialistes : l’espagnol, l’italien et le polonais ne mettent pas de séparateur de milliers dans les nombres à quatre chiffres. Ne formatez donc pas les prix à la main, mais avec des fonctions de formatage selon la langue et la région.
La devise compte aussi pour Google. Sa documentation cite la langue et la devise locales parmi les signaux qui indiquent à qui s’adresse une page. Une version britannique avec des prix en livres et une version américaine avec des prix en dollars sont pour elle, pour l’essentiel, le même contenu avec des variations régionales. Merchant Center exige que la page de destination et le processus d’achat soient dans la langue des données produit, et conseille d’envisager une localisation complète de la langue, du prix et de la devise.
Nos expressions ne contiennent aucun montant ni aucun symbole de devise. Les expressions portent l’intention (« prix », « coût »), et l’écriture des prix revient à la fiche produit.
Les images sur un marché étranger : nom de fichier, alt et description selon les expressions locales
Les guides sur la localisation d’un site e-commerce passent les images presque sous silence. Dans ceux que nous avons parcourus dans les résultats du moteur de recherche Brave (13 septembre 2026), les images ont généralement droit à une phrase au plus, sur le texte alternatif, comme dans le guide de Shopify. Le nom de fichier et la description de l’image en sont le plus souvent absents. Les bases sont dans notre article Comment préparer ses images pour le SEO : nom de fichier, titre, texte alternatif et description. Ici, seulement ce qui change d’un marché à l’autre.

Les consignes de Google sur les images (mise à jour du 2 mars 2026) indiquent que le texte alternatif est l’attribut le plus important pour décrire une image, et que le nom de fichier ne donne que « des indices très légers ». Pour des milliers d’images, Google conseille d’envisager d’automatiser l’attribution des noms et, si vous localisez vos images, de traduire aussi les noms de fichiers. Il avertit que le bourrage de mots-clés dans l’attribut alt peut être considéré comme du spam.
John Mueller, de Google, conseillait en revanche en 2020, selon le compte rendu du site Search Engine Roundtable, de garder un seul fichier quand la même image sert dans plusieurs versions linguistiques. Les deux conseils se concilient :
- Alt et description toujours distincts pour chaque marché, rédigés à partir des expressions de ce marché, et non traduits depuis l’alt source. Nous expliquons pourquoi dans la partie Marchés étrangers : la description s’écrit de zéro, elle ne se traduit pas.
- Nom de fichier dans la langue du marché, quand le fichier est de toute façon distinct : l’image est localisée, ou la plateforme garde une copie par langue.
- Pas de copies d’une image identique créées uniquement pour changer le nom du fichier.
Dans WordPress, cela dépend de l’extension multilingue. Quand Polylang traduit les médias, il ne copie pas le fichier : il traduit le titre, l’alt, la légende et la description, si bien que l’alt espagnol reste attaché à un fichier nommé dans la langue source. Sur ce blog, cette fonction est désactivée, chaque langue reçoit donc sa propre copie de l’image. Sans copie, un seul fichier aurait un seul alt pour toutes les langues. La copie donne un alt et une description distincts, et le nom de fichier dans la langue de la version vient en prime. Mueller a toutefois ajouté que Google traite les images identiques sous des noms différents comme des doublons et les regroupe sous une seule adresse : le nom traduit d’une telle copie peut donc, à lui seul, ne rien apporter.
| Marché | Nom de fichier | Alt | Points d’attention |
|---|---|---|---|
| Espagne | colchon-de-latex-140×200.webp | Colchón de látex de 140 x 200 cm sobre un somier de láminas | La base suggère 135×190, mais le produit mesure 140 × 200 cm : on garde donc la vraie dimension. Le « ó » devient « o » dans le nom de fichier. |
| Royaume-Uni | latex-mattress-eu-double-140×200.webp | Latex mattress in EU double size, 140 x 200 cm, on a slatted bed base | Le double britannique mesure 135 × 190 cm. Emma UK appelle le 140 × 200 cm « EU Double ». |
| Allemagne | latexmatratze-140×200.webp | Latexmatratze 140 x 200 cm auf einem Lattenrost | Taille inchangée. Les mots (« Latexmatratze », « Lattenrost ») viennent quand même de la base du marché, pas de la traduction de l’alt. |
| Tchéquie | latexova-matrace-140×200.webp | Latexová matrace 140 x 200 cm na roštu | Les expressions tchèques ont presque toujours des signes diacritiques. Google les accepte dans l’URL après encodage en pourcentage, mais nous les retirons du nom de fichier pour que l’adresse reste lisible. |
| Ukraine | lateksnyi-matrats-140×200.webp | Латексний матрац 140 x 200 см на ламельній основі | Le nom de fichier est une translittération du cyrillique. Vérifiez que le « x » de la dimension est la lettre latine et non le « х » cyrillique, car dans l’adresse il deviendrait un code en pourcentage. Nous n’avons pas vérifié les tailles sur ce marché. |
Dans chaque ligne, l’alt dit la même chose : matelas en latex 140 × 200 cm sur un sommier à lattes. La description de l’image peut être plus longue, mais elle reste factuelle, par exemple en espagnol « Colchón de látex de 140 x 200 cm sobre un somier de láminas, en un dormitorio luminoso », soit la même chose dans une chambre lumineuse.
Certaines choses n’apparaissent qu’avec plusieurs langues à la fois :
- La taille dans l’alt est celle de la photo. N’ajoutez le nom local de la taille que s’il correspond.
- Signes diacritiques. Dans notre base, 411 des 446 expressions tchèques contiennent des lettres hors de l’alphabet latin de base (ASCII). En turc, « ı », « ş » et « ğ » deviennent « i », « s » et « g » dans le nom de fichier. Google recommande dans les URL des mots dans la langue du public, translittérés si besoin, avec des tirets plutôt que des tirets bas. Détails dans la partie Le nom de fichier a des règles strictes.
- Longueur. Une expression estonienne de notre base compte en moyenne 2,74 mots, une espagnole 4,52. L’une des raisons : l’estonien, comme l’allemand, écrit les mots composés d’un seul tenant, alors que l’espagnol ajoute des prépositions, par exemple « colchón de látex ». N’imposez pas le même nombre de mots dans l’alt à tous les marchés.
- Alphabet étranger. Dans l’expression lituanienne « natūralaus lateksо čiužinys », la lettre « о » est cyrillique, mais ressemble à la latine. Elle fausse la correspondance, et dans l’adresse du fichier, elle se transforme en code en pourcentage.
- Images sans texte. Google Merchant Center n’accepte pas les images comportant des éléments promotionnels comme « livraison gratuite » ou un prix, et Kaufland Global Marketplace interdit sur les images le texte, les logos, les symboles et les drapeaux. Une telle image n’a pas besoin d’une version par langue et respecte ce point des règles de Google Merchant Center et de Kaufland Global Marketplace. Vérifiez à part les autres exigences, comme le fond, les dimensions et le format.
Ce que l’adaptation ne corrige pas : les erreurs de la source et les nouvelles erreurs du modèle
L’adaptation ligne par ligne transporte aussi les erreurs de la source, et en « localise » même une partie.
- Année dépassée. L’expression « najlepszy materac hybrydowy 2024 » (meilleur matelas hybride 2024), dans des données de 2026, s’est retrouvée dans les 12 fichiers, par exemple sous la forme « best hybrid mattress 2024 ».
- Lieux inventés. Les descriptions des entreprises n’indiquaient pas de ville, et la liste source a ajouté la capitale et son aéroport. L’aéroport est devenu un aéroport local dans les 11 langues (« car hire Heathrow »), et 4 langues ont remplacé la capitale par la capitale locale. Une entreprise sans agence à Heathrow ne devrait pas avoir une telle expression.
- Fausse origine. L’expression source « materace producent polski » (matelas, fabricant polonais) est devenue locale dans chaque langue : « british made mattress », « matratzen made in germany », « colchones fabricados en España ». Pour une même boutique, une seule de ces affirmations peut être vraie, au mieux.
- Échelle inconnue. La fermeté H3 est restée dans 8 langues sur 11. Nous ne savons pas si les acheteurs en Italie, au Portugal ou dans les pays baltes l’utilisent.
- Coquilles. La coquille estonienne « iluslong » figure dans 6 expressions, la forme correcte « ilusalong » dans 2. S’y ajoutent l’allemand « matratratzen », le letton « autoservisss » et 28 doublons dans les fichiers cibles, alors que la source n’en contenait aucun.
- Source ambiguë. « Przegląd okresowy » (révision périodique) peut désigner l’entretien ou le contrôle technique obligatoire. Seules 4 langues sur 11 ont reçu le nom du contrôle officiel : l’allemand (« Hauptuntersuchung »), le tchèque (« STK »), l’italien (« revisione ») et le lituanien (« techninė apžiūra »).
L’adaptation sait aussi réparer : l’expression source absurde « kwadratowy pisk hamulców naprawa » (littéralement « réparation grincement carré des freins ») a été remplacée par le modèle, dans les 11 langues, par une requête ordinaire, par exemple « squeaking brakes fix ».
Nous avons aussi notre propre raté. Les descriptions d’images que l’extension ConverterSEO a rédigées pour notre article sur le poids des images et pour ses 20 traductions étaient publicitaires et par endroits fausses. Elles promettaient une compression « sans perte de qualité » et, sur la photo d’un mug, glissaient des expressions sur une extension WordPress gratuite. Il a fallu toutes les corriger avant publication. Dans ses consignes sur les contenus créés avec l’aide de l’IA, Google demande que les métadonnées générées automatiquement soient exactes et cite explicitement les textes alternatifs. Kaufland Global Marketplace n’autorise pas les traductions générées automatiquement dans les descriptions de produits.
Ce que Google dit des pages traduites, et ce qu’il ne dit pas
Doublons. Selon la documentation de Google, les versions linguistiques d’une page ne sont des doublons que si le contenu principal n’a pas été traduit.
Langue de la page. Google la détermine d’après le contenu visible, pas d’après l’attribut lang ni l’URL. Une page, une langue. Traduire seulement le menu et le pied de page peut gêner les utilisateurs quand le même contenu apparaît plusieurs fois dans les résultats avec une navigation dans différentes langues, typiquement pour les contenus publiés par les utilisateurs.
Adresses et balises. Le minimum technique à transmettre à la personne qui gère le site :
- Une URL distincte pour chaque version linguistique, plutôt que des cookies ou les réglages du navigateur.
- Pas de redirection automatique selon l’adresse IP ou une langue devinée. Googlebot explore généralement depuis les États-Unis et sans en-tête Accept-Language.
- Les balises hreflang doivent pointer les unes vers les autres, sinon Google les ignore. Seuls les codes ISO fonctionnent : es-419 n’est pas pris en charge et « UK » n’a aucun effet. Pour le Royaume-Uni, le code de région correct selon la norme ISO 3166-1 est GB.
Traduction automatique. Les règles actuelles de Google concernant le spam (mises à jour le 28 août 2026) ne mentionnent la traduction que dans un exemple de transformation automatique de contenu récupéré sur d’autres sites, qui apporte peu aux utilisateurs. Dans leur version du début de 2024, elles citaient encore le texte traduit automatiquement sans relecture humaine. Google a supprimé le 11 juin 2025 le conseil de bloquer ces pages dans le fichier robots.txt, en précisant que seule la documentation changeait, pas le fonctionnement du moteur de recherche.
Les consignes destinées aux évaluateurs de la qualité des résultats (septembre 2025) considèrent comme dépourvue d’effort la création automatique de milliers de pages à partir de contenus librement accessibles, passés dans un logiciel de traduction sans supervision. C’est la description d’une ferme de contenus, pas d’une boutique qui traduit son propre catalogue, et les notes de ces évaluateurs n’influencent pas directement le classement. Rien ne permet donc d’écrire que Google pénalise la traduction automatique. Ce qui compte, c’est la valeur apportée et la relecture.
Synonymes. Le guide de Google sur la recherche avec l’IA (juillet 2026) indique que les systèmes d’IA comprennent les synonymes, et que des contenus distincts pour chaque variante d’une requête, créés principalement pour manipuler le classement, enfreignent les règles concernant le spam. Sur un marché donné, une seule fiche rédigée avec le mot qu’emploie ce marché suffit donc, et non des pages séparées pour « car hire » et « car rental ». Vous choisissez le mot pour le client qui lit le résultat de recherche et la fiche, pas pour que Google comprenne la requête.
Ce que Google ne fera pas à votre place. Il peut traduire le titre et l’extrait d’un résultat en langue étrangère, mais seulement vers 21 langues, et il n’héberge pas de pages traduites. La liste comprend le turc, l’allemand ou l’espagnol, mais pas l’italien, le polonais, le tchèque ni l’ukrainien.
Quand la traduction seule suffit
La règle en une phrase : la traduction suffit quand le marché cible utilise les mêmes tailles, unités, normes et noms que le marché source. Si une seule de ces choses diffère, elle ne suffit pas.
Elle suffit par exemple pour les matelas allemands de 200 cm de long. Méfiez-vous toutefois des faux standards, car même les mots internationaux changent : « diesel » devient « diésel » dans la base espagnole, et au lieu de « leasing », la base espagnole écrit « renting ».
Elle ne suffit pas avec un autre système de tailles, ni avec une même langue parlée dans plusieurs pays (anglais britannique et américain, Espagne et Mexique). Elle ne suffit pas non plus pour les affirmations sur l’origine et le lieu, ni face aux erreurs de la source.
Attention aux paiements. Le modèle n’a remplacé la formule littérale « na raty » (en mensualités) par une tournure locale que dans trois langues, par exemple « buy mattress on finance » et « matelas paiement en plusieurs fois ». Dans les autres, il l’a traduite mot à mot. Vérifiez chez les vendeurs locaux quelle tournure fonctionne sur chaque marché.
Ce que ConverterSEO fait pour vous, et ce qui reste à votre charge
ConverterSEO, dont proviennent les données de ce test, s’occupe de la couche des images, pas de toute la fiche produit.
- Ce qu’il fait. Dans votre compte, vous construisez la base de mots-clés de votre entreprise et vous la déclinez pour d’autres marchés, avec le mécanisme qui a produit les expressions du test. Vous pouvez relire et corriger la base de chaque marché avant de l’utiliser. À partir de cette base, l’extension WordPress rédige pour une image le titre, l’alt, la description et le nom de fichier, pour l’un des 29 marchés en 24 langues. Pour chaque marché supplémentaire, elle enregistre l’image comme une copie du fichier, sans nouvelle compression, avec ses propres titre, alt, description et nom de fichier. Elle ne renomme pas un fichier dont l’adresse figure déjà dans le contenu d’une page publiée.
- Ce qui est gratuit. La compression en WebP et l’audit de la médiathèque, sans limite, dans toutes les offres. Les deux fonctionnent sur le serveur de votre site. Vous lancez la compression vous-même, pour une image ou pour plusieurs à la fois depuis l’écran d’audit. Le fichier est converti une seule fois, jamais pendant la visite d’un client. Plus de détails dans l’article Quel poids d’image pour un site web ? Nous avons testé JPG et WebP.
- Comment se compte la partie payante. Une description, c’est une image dans une langue : une image sur quatre marchés fait donc quatre descriptions. Construire et décliner la base de mots-clés ne consomme pas de descriptions. Seul le nombre de ces opérations par jour est limité : 4 avec l’offre Free et 25 avec les offres payantes. L’offre Free donne 5 descriptions une seule fois et une langue supplémentaire pour essayer. Les prix dans votre devise sont sur la page Tarifs.
- Ce qu’il ne fait pas. Il ne rédige ni la description du produit ni le titre de la fiche, ne choisit pas les tailles, ne formate pas les prix et ne pose pas les balises hreflang.
- Ce qui reste à votre charge. Relire la base de mots-clés (année, villes, « made in », échelles) et les descriptions d’images avant publication. Les erreurs montrées plus haut viennent de notre générateur, et les descriptions de notre propre article ont elles aussi dû être corrigées.
Liste de contrôle : la fiche produit avant d’entrer sur un nouveau marché
- Tailles. Comparez vos dimensions avec celles de deux grands vendeurs du marché cible, puis décidez : une taille locale dans votre gamme, ou une description honnête de la vôtre.
- Noms de tailles. Là où le marché les utilise (Double, King, Queen), donnez le nom avec la dimension et vérifiez qu’ils correspondent.
- Mots. Employez le mot que les leaders du marché mettent dans les titres de leurs pages (« hire » ou « rental », « coches » ou « autos »), pas celui du dictionnaire.
- Expressions. Pour chaque version linguistique, choisissez les expressions dans les suggestions d’un moteur de recherche réglé sur la langue du marché, au lieu de traduire celles de la source. L’absence de suggestion sur un petit marché ne veut pas dire que l’expression est fausse.
- Affirmations. Retirez de la base de mots-clés et des descriptions l’année, la ville, l’aéroport, le « made in » et les échelles que vous ne pouvez pas justifier sur ce marché.
- Prix et dates. Devise locale, écriture des nombres et des dates tirée des paramètres de langue et de région, et non saisie à la main. Vérifiez les délais de livraison.
- Alt et description de l’image. Distincts pour chaque marché, rédigés avec les expressions de ce marché et décrivant ce que montre l’image. Sans bourrage d’expressions, sans données personnelles visibles sur la photo et sans promesses que le produit ne tient pas.
- Nom de fichier. Dans la langue du marché quand le fichier est distinct : minuscules, translittération, tirets. Ne copiez pas une image identique juste pour son nom.
- Images sans texte, sans prix ni drapeaux. Une telle image n’a pas besoin d’une version par langue. Vérifiez le fond, les dimensions et le format dans les règles de chaque marketplace.
- Technique. Une URL distincte par langue, des hreflang qui pointent dans les deux sens, des codes ISO (GB et non UK ; pas de es-419), pas de redirection selon l’IP.
- Relecture humaine. Lisez tout ce qu’a écrit l’IA ou un traducteur automatique avant de publier. Kaufland Global Marketplace interdit explicitement les traductions automatiques dans les descriptions de produits.
- Format des images. Avant de mettre vos produits en vente sur une marketplace du pays visé, vérifiez où le WebP passe, et où il ne passe pas.